Par Christophe Leroux, alias Chiko et Stéphane Bois, alias Stéphane

Je vais essayer de vous faire découvrir le métier de marin-pêcheur au travers d’une sortie du Murex. Le patron de ce bateau s’appelle Jean-Marie, il a 34 ans et a déjà 20 ans de métier derrière lui !
En effet, après avoir suivi les cours de l’école des mousses du Portel, il a toujours exercé ce métier : d’abord avec un Flobart de 4,95 mètres, pour ensuite acheter un petit bateau de 7.50 mètres. Ensuite, en association avec son oncle, il a acheté le fameux Murex. C’est un bateau de 14 mètres basé à Boulogne-sur-Mer, armé pour faire les métiers du crabe, du filet et de la ligne.

Toutefois, le MUREX est surtout spécialisé dans la pêche du crabe et du homard à l’aide de casiers qui sont mouillés en mer 11 mois sur 12… Ce bateau remonte chaque jour environ 300 casiers a crabes . Le mouillage de ces casiers est réalisé par grappes de 50 appelées ‘’filières’’ et ils sont eschés avec des chinchards ou du flet. Ces filières sont tendues en travers-marée c’est-à-dire perpendiculairement à la cote.
La journée-type de Jean-Marie
Réveil a 3 heures du matin, direction le port de Boulogne-sur-Mer, mise en route du moteur du bateau afin de le laisser chauffer, arrive alors le moment de la préparation des livraisons de crabes du jour ; de nombreux restaurateurs, magasins de marée et poissonniers s’approvisionnent chez Jean-Marie.

Les crabes sont donc mis en caisse suivant la demande de chacun, ensuite direction du magasin de marée pour récupérer l’amorce à mettre dans les casiers. C’est le moment où Corinne (l’épouse de Jean-Marie) ou celle de son oncle, arrive a Boulogne pour livrer tous les clients avec le camion. Pour elle aussi la journée ne fait que commencer…
Arrive le moment du départ du port de Boulogne-sur-Mer pour la marée en direction du large du Cap Gris-Nez !

Sur la route, Jean-Marie mouille ses filets qu’il récupérera sur le retour. Maintenant il va remonter ses 6 filières, commence alors a bord du bateau un manége bien rodé : un matelot se poste a la machine « vire-casiers » : il est chargé de réceptionner le casier dans le bateau.

Ensuite il le passe à un autre matelot chargé de vider et de trier les crabes pris au piège dans le casier (les crabes vides ou trop petit repartent immédiatement à la mer et les autres sont accueillis dans un grand bac).

Ensuite le casier arrive dans les mains du dernier matelot qui va lui remettre de l’amorce fraîche et empiler les casiers les uns sur les autres dans le bateau. Il n a pas le droit a l’erreur car, par mauvais temps, cela ne doit pas tomber !
Une fois tous les casiers vidés, réamorcés et repartis dans les profondeurs de la mer, direction les filets : ceux-ci sont remontés a bord puis les matelots ôtent le poisson de ceux-ci avant de les ranger, prêts a être remis a l’eau pour le lendemain.

Sur le chemin du retour, les matelots prennent les crabes pêchés un par un pour leur sectionner le tendon sur chaque pince, ainsi ils ne peuvent plus pincer donc plus se battre (et c’est beaucoup plus pratique pour le consommateur de manipuler un crabe qui ne peut vous pincer !).
Ces derniers sont ensuite stockés dans des viviers en attendant d’être vendu le lendemain matin. Imaginez tout le travail que cela impose de réaliser ces opérations sur 300 ou 400 kilos de crabes !
Pendant ce temps-là, Corinne, après avoir fini toutes ses livraisons, va sur le port pour ouvrir le stand qu’elle y tient : sur son étale, vous pouvez acheter des crabes, homards et toutes espèces de poissons que jean marie ramène de sa pêche. Le stand s’appelle, vous l'aurez deviné, « LE MUREX ».
Il est aux environs de 14-15 heures quand Jean-Marie rentre au port après une journée de pêche bien remplie.

P.S. : un grand merci à Jean-Marie et son épouse pour nous autoriser à publier cet article sur le site.